Pourquoi éviter le PVC chez soi ?
Le PVC, c’est quoi exactement ?
Du Polychlorure de vinyle
Issu de la pétrochimie, le PVC est un matériau plastique aussi appelé Polychlorure de vinyle, obtenu par polymérisation du chlorure de vinyle monomère.
Il est important de noter qu’il existe 2 types de PVC : le rigide et le souple. L’obtention de PVC dur nécessite l’addition de stabilisants, celle de PVC souple nécessite l’addition de plastifiants. Si les deux ont un impact néfaste sur l’environnement, c’est le PVC souple qui suscite les inquiétudes sur le plan sanitaire.
Ce dernier, utilisé dans de nombreux produits du quotidien, est au cœur des débats sur la toxicité du PVC dans la maison.
Où se cache le PVC dans la maison ?
Mais les inconvénients du PVC dépassent largement ses qualités esthétiques. Derrière cette apparente polyvalence se cache une réalité moins flatteuse. Le PVC figure aujourd’hui parmi les matériaux les plus controversés, tant pour la santé humaine que pour l’environnement.
Prenons l’exemple du papier peint vinyle, souvent présenté comme pratique car lessivable ou imperméable : sa couche de PVC empêche le mur de respirer ce qui peut favoriser l’apparition masquée de moisissures. Mais pas seulement.
Pourquoi éviter le PVC chez soi ?
Phtalates et formaldéhyde : des risques avérés pour la santé
La toxicité du PVC provient en grande partie de sa fabrication. Le PVC est obtenu par polymérisation du chlorure de vinyle monomère, une substance classée cancérigène certain par le CIRC. Dur et cassant à l’état brut, les industriels y ajoutent une multitude d’additifs pour le rendre souple.
Parmi ces substances, les phtalates représentent jusqu’à 30 % du poids des produits en PVC. Le problème : ils ne restent pas figés dans la matière et s’échappent donc continuellement chez vous.
Plusieurs études ont mis en évidence des liens entre l’exposition à des phtalates et des risques accrus d’irritations, d’asthme et d’allergies, notamment chez les enfants et femmes enceintes.
Ces substances chimiques sont aussi reconnues comme perturbateurs endocriniens. Ils peuvent ainsi interférer avec le système hormonal humain en imitant, bloquant, ou modifiant l’action des hormones naturelles, avec des effets tels que des troubles de la fertilité, des malformations génitales, voire des perturbations du développement fœtal ou infantile.
Les COV et le “dégazage” dans l’air
Saviez-vous que l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur ? Cette pollution invisible provient notamment des COV : composés organiques volatils, et peut provoquer maux de tête, irritations et nausées. Le PVC est l’un des matériaux les plus problématiques pour la qualité de l’air intérieur.
En plus de leur teneur en phtalates, les papiers peints en PVC libèrent également du formaldéhyde, une substance cancérogène classée en tête des substances préoccupantes de l’air intérieur par le Comité Scientifique Européen pour la Santé et l’Environnement.
D’ailleurs, l’étiquetage obligatoire pour classer les émissions de polluants volatils mesure les niveaux d’émissions de plusieurs substances dont le formaldéhyde. Mais même les produits A+ ne sont pas irréprochables, avec des niveaux d’émissions encore trop élevés notamment d’après l’UFC Que Choisir.
Le PVC, un polluant et difficile à recycler
Un recyclage extrêmement limité
Contrairement aux idées reçues véhiculées par certains labels, le recyclage effectif du PVC reste dérisoire. Alors que le verre ou le métal peut se recycler à l’infini, les additifs contenus dans le PVC compliquent son traitement. Moins de 10 % des produits en PVC sont ainsi réellement recyclés.
Dans les rares cas où le PVC est revalorisé, il ne peut être recyclé qu’un nombre limité de fois avant de perdre ses propriétés. Il est généralement transformé en produits de moindre qualité (dos d’âne, plots de chantier,…) qui finiront ensuite en décharge. Faute de filière adaptée, la grande majorité du PVC finit incinérée ou enfouie.
L'incinération : fabrique à Dioxines
Lors de son incinération, le PVC libère d’acide chlorhydrique et furanes. Mais aussi des dioxines, la substance chimique synthétique la plus toxique pour l’être humain. Des polluants Organiques Persistants (POP) qui persiste dans l’environnement pendant de longues périodes et s’accumulent dans les organismes vivants.
Un déchet qui pollue pendant 1000 ans
Quelles alternatives au PVC pour un intérieur sain ?
L'alternative au PVC pour décorer les murs
Sur les murs, vous avez le choix entre peinture, papier peint, faïence et lambris. Côté peinture, passez votre chemin sur les peintures glycéro et visez au minimum l’étiquette A+ (faibles émissions).
Sans PVC ni matières controversées, les papiers peints Beau Beau ont été conçus pour être une alternative éco-responsables aux revêtements à base de vinyle. Ils sont de plus fabriqués en France avec un mode de production éco-responsable.
Pour les sols
Les traditionnels parquet et carrelage sont une bonne option. Pensez aussi aux matières naturelles comme le linoléum ou le liège. Attention toutefois à vérifier qu’il s’agit de vrai linoléum et non de lino PVC.
Favorisez au maximum une production au minimum européenne pour garantir la conformité aux normes. En effet, beaucoup de produits importés d’Asie ne les respectent pas bien que ce soit obligatoire.
Objets de décoration et du quotidien
Si changer ses fenêtres ou refaire ses sols représente un investissement, vous pouvez commencer par éliminer le PVC de vos objets du quotidien est une démarche rapide et accessible.
Dans la salle de bains, le rideau de douche est l’objet en PVC le plus toxique de la maison. Repensez à sa forte odeur de “neuf” quand vous l’avez déballé, il s’agissait des phtalates. Remplacez-le par un rideau en polyester avec tissu déperlant, en coton enduit ou installez une paroi en verre.